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En vous parlant de la compréhension humaine, je suis en résonance
avec la Biodanza et avec ce qu’elle suppose comme fondement philosophique,
anthropologique, pour dire que c’est sur la sympathie, sur la tendresse
que doit porter notre effort.
Je vais aborder mon dernier thème : enseigner et affronter
les incertitudes
Toutes les sciences débouchent sur des problèmes insolubles :
la matière de l’univers, le monde micro-physique, l’avenir
de l’univers. Nous sommes condamnés à naviguer sur
un océan d’incertitudes mais à travers des îles
et des archipels de certitudes.
Ceci nous amène à ce que j’ai appelé l’écologie
de l’action ; ça veut dire que quand vous décidez
d’une action, elle entre dans un milieu social, un milieu naturel,
elle cesse d’obéir à vos intentions pour subir les
déterminations et influences du milieu. Il ne suffit pas d’avoir
des bons sentiments pour faire des bonnes actions : « l’enfer
est pavé de bonnes intentions », dit le proverbe.
Il faut donc être capable de suivre son action et si elle prend
un « mauvais » chemin, de la modifier éventuellement.
On voit dans l’histoire que ceux qui ont commencé une guerre
en étant sûr de la victoire ont abouti finalement à
la défaite. L’échec historique de Napoléon,
d’Hitler, de Staline montre que des actions faites dans l’optique
d’un résultat n’aboutissent pas toujours à ce
résultat.
Donc quand vous prenez une décision, vous devez savoir que vous
faites un pari ; le pari est permanent dans toute décision
que vous prenez. Après ce pari, vous devez élaborer une
stratégie qui permet de modifier l’action en fonction des
circonstances.
Dernier point concernant l’identité humaine
Être humain, c’est une trinité. Il y a la trinité
divine, inséparable, ils sont différents mais c’est
la même personne : le Père génère le
saint Esprit qui génère le Fils, lequel va régénérer
le Père. Le Père devient beaucoup plus gentil après
l’intervention du Fils. La trinité humaine, ce n’est
pas seulement être un individu mais aussi un moment, une partie
d’une société ; un moment, une partie de l’espèce
humaine. Et ce ne sont trois choses juxtaposées, on n’est
pas à 30% individu, à 30% social et à 30% biologique ;
on est à 100% individu, à 100% social et à 100%
biologique.
Nous sommes à la fois les produits et les producteurs de notre
espèce. Nous sommes les produits parce qu’il a fallu une
reproduction sexuelle pour que nous naissions mais pour que ce processus
continue il faut au moins deux individus, homme et femme pour que nous
nous reproduisions. De même, nous produisons la société
par nos interactions et une fois que la société existe,
qu’elle a une culture, un langage, elle rétroagit sur nous ;
la culture et le langage permettent de nous achever en tant qu’êtres
humains. Nous sommes ainsi les produits et les producteurs de la société
et de l’espèce humaine. Les trois choses sont donc inséparables.
Sur le plan éthique, nous avons trois directions de devoirs.
La première direction est pour nous, pour notre propre utilité
et pour les gens que nous aimons, des devoirs personnels. Nous avons
aussi des devoirs sociaux surtout si la société est une
société démocratique, nous devons contribuer au
fonctionnement de la société. Et nous sommes aussi des
êtres humains et pour la première fois, l’espèce
humaine vit dans une communauté de destin : nous avons tous
les mêmes problèmes mortels à affronter, la destruction
de la biosphère, la multiplication des armes nucléaires,
le développement des fanatismes religieux, une économie
entièrement déréglée et soumise à
la dictature de la spéculation financière sans compter
tous les problèmes démographiques. Nous avons les mêmes
problèmes vitaux et les mêmes besoins de réaliser
une communauté humaine que j’appelle Terre patrie. Ceux
qu’on appelle alter-mondialistes sont ceux qui ont eu les premiers,
conscience que nous voulons un autre monde qui ne soit pas livré
à la marchandisation.
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